Au début on vous demandera pourquoi vous l’avez fait, puis on vous demandera comment vous l’avez fait
- Sarah Julliot de La Morandière

- 3 sept. 2025
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Il y a des choix, des élans, des transformations qui, sur le moment, semblent étranges ou incompréhensibles aux yeux des autres. « Pourquoi tu fais ça ? » Combien de fois ai-je entendu cette question, parfois teintée d’inquiétude, parfois de scepticisme, parfois même de moquerie ? Pourquoi quitter un emploi stable pour suivre une voie plus incertaine ? Pourquoi changer de mode de vie, de rythme, de priorités ? Pourquoi oser dire non, poser des limites, ralentir, méditer, prendre soin de mon bien-être mental ? Pourquoi sortir des sentiers battus, écouter mon intuition, suivre mon cœur ?
Au début, il faut du courage pour affirmer ses choix quand ils ne rentrent pas dans les cases. J’ai souvent ressenti ce mélange de doute et de conviction profonde : la sensation d’être en décalage, mais aussi celle de répondre à un appel intérieur. Je me souviens de ce moment charnière où j’ai décidé de réorienter ma vie vers l’accompagnement, la transmission, l’écoute. Autour de moi, les questions fusaient : « Mais pourquoi changer ? Tu avais tout pour être bien, non ? » Ce « pourquoi » revenait sans cesse, comme s’il fallait justifier ce qui, pour moi, était une évidence intime.
Ce que peu de gens voyaient alors, c’était le travail souterrain, la quête de sens, les nuits de doute, les heures de lecture, de formation, de remise en question. Ce que l’on ne voit pas, c’est la force qu’il faut pour sortir du confort de l’habitude, pour écouter ce qui vibre en soi, pour accepter de ne pas tout comprendre, mais de faire confiance à la vie, à l’intuition, à l’appel du cœur.
Puis, à force de persévérance, de petits pas, de victoires silencieuses, le paysage change. Les résultats apparaissent, les transformations s’incarnent, la joie revient, la paix s’installe. Et alors, le regard des autres bascule : « Comment tu as fait ? » La curiosité remplace le doute, l’admiration remplace la perplexité. Ceux qui, hier, questionnaient le sens de mes choix, cherchent aujourd’hui à comprendre la méthode, le chemin, les clés.
Ce basculement, je l’ai vécu à plusieurs reprises, aussi bien dans mon parcours personnel que dans mon métier de coach. J’ai vu des personnes arriver en séance, épuisées, perdues, à bout de souffle, et repartir, quelques semaines ou mois plus tard, rayonnantes, alignées, transformées. Au début, leur entourage s’inquiète : « Pourquoi tu fais tout ça ? » Puis, face au changement, la question devient : « Comment tu as fait ? »
Ce processus, je le connais de l’intérieur. Il commence souvent par une intuition, un malaise, une envie de vivre autrement. Puis vient le temps de l’exploration, des essais, des erreurs, des ajustements. On tâtonne, on doute, on avance à l’aveugle, porté par une conviction intime. On découvre des outils, des pratiques : la méditation, l’EFT, la psychogénéalogie, la sophrologie, les constellations familiales, la gratitude, le retour à la nature, l’écoute du corps, la respiration consciente. On apprend à accueillir ses émotions, à respecter ses limites, à se relier à soi, à l’autre, à plus grand que soi.
Ce chemin n’est pas linéaire. Il est fait de retours en arrière, de moments de solitude, de doutes, mais aussi d’épiphanies, de rencontres, de synchronicités. Il demande de la patience, de la persévérance, de la tendresse envers soi-même. Il invite à sortir du regard des autres pour plonger dans le sien, à faire confiance à l’invisible, à l’intuition, à la voix du cœur.
En tant que coach, je vois chaque jour à quel point ce passage du « pourquoi » au « comment » est universel. Il marque le moment où l’on cesse de chercher des justifications à l’extérieur, pour entrer dans l’expérience, dans l’incarnation, dans la transmission. Ce n’est plus le mental qui explique, mais le vécu qui inspire. Le « comment » devient alors un partage, une invitation, une lumière pour ceux qui cherchent à leur tour leur propre chemin.
Ce que cette citation m’enseigne, c’est la force de l’engagement intérieur. Au début, il faut accepter d’être incomprise, de marcher seule, de douter. Mais si l’on reste fidèle à ce qui nous appelle, si l’on avance pas à pas, la vie finit toujours par répondre. Et alors, notre parcours devient source d’inspiration, de questionnement, de transformation pour les autres.
Finalement, ce qui compte, ce n’est pas tant de convaincre ou de plaire, mais d’oser être soi, d’oser écouter ce qui nous anime, d’oser créer sa propre voie. Le « pourquoi » appartient à l’intime, au mystère de l’élan vital. Le « comment » appartient à la transmission, au partage, à la joie de voir que notre chemin peut éclairer celui des autres.
Alors, si aujourd’hui tu sens en toi un appel, une envie de changer, de t’écouter, de te réinventer, n’attends pas que tout le monde comprenne. Avance, explore, expérimente. Un jour viendra où l’on ne te demandera plus « pourquoi », mais « comment ». Et tu prêt·e à partager la magie de ton chemin ?




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