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La lumière derrière l’ombre : accueillir ses parts oubliées

  • Photo du rédacteur: Sarah Julliot de La Morandière
    Sarah Julliot de La Morandière
  • 3 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Décembre s’avance avec la pudeur d’un passant qui referme doucement la porte derrière lui. Le monde ralentit, les heures glissent dans une pénombre tiède, comme si la nuit voulait prendre soin de nous. Dans ce temps suspendu, entre la flamme d’une bougie qui vacille et le souffle froid du matin, une présence discrète se réveille : cette lumière intérieure que nous égarons si souvent, happés par le mouvement du monde.

L’obscurité de décembre n’est pas une menace. C’est une main tendue. Elle nous invite à déposer l’agitation, à revenir à la source. Sous les couches qui nous alourdissent — fatigue, obligations, gestes accomplis sans âme — demeurent des fragments de nous-mêmes que nous avons laissés en friche. Rêves timides, émotions rangées trop vite, élans étouffés. Tout ce qui n’a pas disparu, mais seulement attendu.

Ces parts oubliées ne réclament ni reproche ni justification. Elles cherchent la douceur d’une écoute, la clarté d’un regard posé sans jugement. Lorsque le monde se tait légèrement, elles frappent à notre porte avec la délicatesse d’un souvenir d’enfance. Et décembre devient alors un lieu sacré : non pas un temps pour se transformer, mais pour se reconnaître.

Accueillir l’ombre, ce n’est pas s’y dissoudre. C’est marcher à côté d’elle avec une lanterne dans la main, comme on accompagne un ami fragile sur un chemin nocturne. Chaque parcelle de nous-même, même la plus reculée, porte une vérité. La lumière ne combat pas l’ombre : elle la traverse, elle la caresse, et dans cette étreinte, quelque chose se guérit.

Ce mois où la nature respire au ralenti nous rappelle la tendresse du repos. Nous aussi, nous pouvons ralentir. Nous offrir la permission de ne rien prouver. Sentir notre souffle revenir, simple et entier. C’est dans ce relâchement que naît une clarté nouvelle — non pas un éclat qui aveugle, mais une lueur tranquille, ancrée, celle qui ne vacille pas au premier vent.

Alors peut-être, en ce décembre, pouvons-nous choisir un retour vers nous-mêmes. Déposer un instant nos armures. Écouter la vérité qui murmure sous nos silences. Accueillir nos fissures avec la douceur d’un geste ancien. Car derrière chaque ombre que nous redoutons sommeille une parcelle de lumière qui n’attend que d’être reconnue.

Et si la vraie lumière de fin d’année ne venait ni des lampions ni des fêtes, mais de cette renaissance intime — un recommencement discret, presque secret, qui se joue tout au fond de nous ?

Que cette saison vous offre la paix, la profondeur et la chaleur fidèle de votre propre lumière retrouvée.

 
 
 

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© 2024 Sarah de LA MORANDIERE

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