🪶Le Niksen : l’art de ne rien faire et pourquoi c’est génial
- Sarah Julliot de La Morandière

- 16 juil. 2025
- 4 min de lecture
Dans un monde qui court sans cesse, où chaque minute doit être « utile », où la moindre pause semble suspecte, j’ai longtemps cru que le repos devait toujours servir un but : mieux repartir, être plus productif, cocher plus de cases sur ma to-do list. Mais un mot venu des Pays-Bas m’a ouvert une brèche : Niksen. Il signifie littéralement... ne rien faire. Pas « se détendre pour mieux travailler », pas « pratiquer la méditation », juste être là, sans objectif, sans attente, sans justification.
Qu’est-ce que le Niksen, vraiment ?
Le Niksen, c’est l’art de ne rien faire pour de vrai. Cela veut dire : pas de téléphone, pas de série Netflix en fond sonore, pas de livre pour « profiter du moment ». Non, il s’agit simplement de s’asseoir, de laisser son esprit vagabonder, sans culpabilité ni pression. Imaginez : regarder les nuages passer depuis la fenêtre, écouter le vent dans les arbres, assis sur un banc, s’allonger sur le canapé et fixer un point au mur, juste parce qu’on en a envie.
Ça paraît simple, et pourtant... Quand l’avez-vous fait pour la dernière fois ?Contrairement à la méditation, qui demande parfois une intention ou un effort de concentration, le Niksen n’a aucune règle. Vous n’avez pas à calmer vos pensées, ni à atteindre un état de zen. Vous laissez simplement votre esprit faire ce qu’il veut, sans intervenir.
Pourquoi j’ai adopté le Niksen
La première fois que j’ai essayé, j’étais sceptique. Ne rien faire, c’est « perdre du temps », non ? Eh bien, pas du tout. J’ai vite réalisé à quel point mon cerveau avait besoin de ces pauses, et les bienfaits ne se sont pas fait attendre :
- Moins de stress : Laisser filer les minutes sans obligation, c’est incroyablement apaisant. Offrir à mon esprit un espace sans objectif, c’est comme ouvrir une fenêtre dans une pièce surchauffée. Ces moments sont devenus mon petit havre de paix.
- Des idées qui surgissent de nulle part : Comme sous la douche, où une idée lumineuse apparaît sans prévenir, le Niksen amplifie ce phénomène. En laissant mon esprit vagabonder, j’ai vu émerger des solutions inattendues, des idées créatives, des réponses à des questions que je ne savais même pas me poser.
- Une vraie pause pour le cerveau : On sous-estime à quel point notre cerveau est sollicité. Les mails, les réseaux sociaux, les conversations... Nous sommes constamment en mode « actif ». Avec le Niksen, j’ai l’impression de recharger mes batteries mentales, ce qui me rend plus concentrée et plus efficace ensuite.
Comment je pratique le Niksen
Intégrer le Niksen dans mon quotidien n’a pas été aussi facile que je l’imaginais. Nous sommes tellement conditionnés à remplir chaque seconde que ne rien faire peut paraître étrange, presque subversif. Mais avec un peu de pratique, c’est devenu un rituel que j’adore. Voici mes astuces pour commencer :
Choisir un moment rien qu’à soi
Pas besoin de bloquer une heure. Même cinq ou dix minutes suffisent. J’aime le matin, en buvant mon café, ou le soir, avant de dormir.
Trouver un endroit calme
Un banc dans un parc, un coin de canapé, mon lit... Peu importe, tant que je m’y sens bien.
Tout débrancher
Oui, ça veut dire poser mon téléphone. Pas de distractions. Juste moi, et le moment présent.
Accepter le vide
Au début, mon esprit va s’emballer : « Je devrais faire ceci », « J’ai oublié cela »... Je laisse passer ces pensées sans les suivre. Avec le temps, cela est devenu plus naturel.
Pourquoi le Niksen fait du bien ?
Il y a quelque chose de profondément libérateur dans le fait de ne rien faire, sans avoir à se justifier. C’est un acte de résistance face à une société qui valorise la productivité à outrance. Le Niksen nous rappelle que le repos n’a pas besoin d’être mérité : il est un besoin fondamental, tout simplement.
Des études montrent que ces pauses mentales sont essentielles pour notre bien-être : elles améliorent la créativité, réduisent le stress, et nous rendent même plus productifs à long terme. Rien faire n’est donc pas une perte de temps, mais un investissement dans notre santé mentale et émotionnelle.
Mais il y a plus : dans ces moments de Niksen, je découvre une autre forme de présence à moi-même. Quand je laisse mon esprit vagabonder, je me connecte à des sensations subtiles, à des intuitions, à des souvenirs enfouis. Je ressens la vie qui circule, l’énergie qui m’entoure, les messages muets de l’univers. Parfois, c’est une émotion qui émerge, un souvenir qui éclaire une question, une évidence intérieure qui s’impose sans bruit. C’est comme si, en m’accordant ce vide, je faisais de la place à l’essentiel : l’amour, la gratitude, la paix, la créativité, la connexion à ce qui ne se voit pas mais se ressent.
Je repense à cette phrase du Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Le Niksen, c’est aussi cela : écouter ce qui ne se voit pas, accueillir ce qui se vit à l’intérieur, laisser émerger ce qui compte vraiment. L’amour, l’amitié, la joie, la tristesse, la compassion... tout ce qui donne du relief à mon existence ne se voit pas, mais se ressent, se devine, se vit. Mes valeurs, mes souvenirs, mes élans : tout cela vibre en moi, éclaire mon chemin, me relie aux autres et à l’univers. Parfois, il suffit de fermer les yeux pour mieux voir. Écouter une musique, sentir la douceur d’une brise, goûter la paix d’un silence : tout cela nourrit l’âme. Le Niksen, c’est faire confiance à son cœur, à son intuition, à ses sens subtils. C’est s’offrir la liberté d’être, tout simplement.
Et si, dans un monde qui court sans cesse, la vraie liberté était simplement... de s’arrêter ? De s’offrir le luxe de ne rien faire, pour mieux ressentir, mieux aimer, mieux vivre ?




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