Pour ne pas disparaître
- Sarah Julliot de La Morandière

- 8 avr.
- 2 min de lecture
Il arrive, parfois, que l’on s’efface un peu. Non pas totalement, non pas brusquement, mais doucement, presque invisiblement. Dans le bruit du monde, dans les attentes, dans les « il faut » et les « je dois », quelque chose en nous se met en retrait. Comme une lumière que l’on voile sans même s’en apercevoir.
Et puis vient le printemps.
Pas seulement celui qui fleurit aux branches, mais celui qui murmure à l’intérieur :« Et toi, où en es-tu ? »
Pour ne pas disparaître, il ne s’agit pas de faire plus. Il s’agit de revenir.
Revenir à ce qui vibre. Revenir à ce qui appelle. Revenir à cette part de soi qui sait, en silence, ce qui est juste.
Le printemps nous enseigne cela avec une infinie douceur : rien ne force, tout émerge. La graine ne lutte pas pour devenir fleur, elle répond simplement à la vie qui la traverse.
Alors peut-être que, pour ne pas disparaître, il suffit d’écouter ce qui cherche à renaître en nous.
Un élan oublié. Une envie mise de côté. Un choix que l’on n’osait pas encore faire.
Se choisir, ce n’est pas se couper du monde. C’est, au contraire, y prendre part avec plus de vérité.
Chaque décision alignée devient une offrande. Chaque pas sincère éclaire un peu plus loin que soi.
Car nous ne sommes pas ici pour nous éteindre doucement. Nous sommes ici pour habiter pleinement notre présence.
Même fragile. Même imparfaite. Mais vivante.
Et lorsque nous osons être fidèles à ce qui nous traverse, quelque chose change, subtilement. Une qualité nouvelle s’invite dans nos gestes, dans nos paroles, dans notre manière d’être au monde.
C’est ainsi que naît un mieux-être qui ne dépend pas des circonstances, mais d’un accord profond avec soi-même.
Pour ne pas disparaître, il suffit parfois de se poser une question simple : « Est-ce que ce que je vis aujourd’hui me ressemble ? »
Et si la réponse hésite, alors le printemps est là pour nous rappeler que tout peut recommencer.
Toujours.
Chaque jour est une terre neuve. Chaque instant, une possibilité de revenir à soi.
Et peut-être que contribuer à un monde meilleur commence exactement ici : dans ce choix discret, courageux et lumineux… de ne plus s’abandonner.
Mais de se retrouver.




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