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Tu es un lever de soleil

7 oct.
3 min de lecture

J’ai cette conviction profonde que la vie porte en elle la possibilité du meilleur. Non pas un meilleur déjà écrit, promis ou garanti, mais une possibilité qui demeure ouverte, comme une lumière à laquelle chacun peut choisir de se relier. Je crois aussi que l’humain porte en lui quelque chose du divin. Peut-être une étincelle, peut-être une puissance de création, peut-être cette étrange capacité à donner du sens à ce qui lui arrive. Car chacun, consciemment ou non, choisit une certaine manière d’habiter sa vie. Même lorsque nous croyons ne pas choisir, nous choisissons encore : porter, transmettre, construire, renoncer, aimer, combattre, créer ou détruire. Nous choisissons ce à quoi nous consacrons notre énergie de vie. Et cette énergie peut prendre différentes formes. Ainsi, je peux choisir d’être un lever de soleil pour quelqu’un, une présence qui annonce un possible là où tout semblait fermé. Ou bien je peux être un espoir, une lumière, un renouveau. Et aussi, je peux être une création, une divergence, un alignement, une confirmation ou une contradiction. Je peux devenir une force qui s’oppose, un contrepoids, une pression qui fait bouger les lignes, un levier de transformation, parfois même une force de destruction. Je peux aussi être une force de réussite, un levier de guérison, une source de création. C’est là l’une des choses les plus étonnantes de l’existence : chacun de nous n’est jamais tout à fait une seule énergie. Nous pouvons être tour à tour, et parfois simultanément, lumière et ombre, élan et résistance, construction et rupture, douceur et force.



N’est-ce pas étonnant de prendre conscience que nous ne sommes pas seulement ce que nous sommes ? Y as-tu déjà pensé ? As-tu réalisé que toi comme moi tu es aussi ce que tu choisis d’incarner dans la rencontre avec toi, avec l’autre et avec le monde ? Selon qui se trouve devant toi, selon ce qui t’est demandé, selon la question que tu portes, selon la situation que la vie dépose sur ton chemin, une autre part de toi peut apparaître. Peut-être que vivre consiste aussi à découvrir cette infinie palette de possibles qui sommeille en toi.


Aujourd’hui, lorsque je te regarde, je te vois comme un lever de soleil. À mes yeux et à mon cœur, tu es un espoir, une lumière, une promesse de futur. Je te vois repousser l’ombre sans avoir besoin de la nier. Tu avances avec persévérance, avec cette foi étrange qui ne consiste pas nécessairement à savoir où l’on va, mais à continuer d’avancer malgré ce que l’on ne comprend pas encore. Je te vois te transformer comme un arbre majestueux. Un instant surprenant, puis rassurant, puis incompréhensible. Et, l’instant suivant, magique. La lumière et l’ombre t’entourent toutes deux. Elles ne semblent pas s’annuler mais je les sens participer ensemble à ce que tu deviens. Et me vient cette pensée que peut-être faut-il cesser de croire que la lumière doit vaincre l’ombre. Peut-être la vie est-elle plus subtile. La lumière révèle et l’ombre approfondit. C’est dans leur rencontre que quelque chose devient véritablement vivant.


Je crois que l’énergie de la vie — et, pour celui qui y croit, le divin — se trouve dans chacun de tes pas. Dans tes actions comme dans tes renoncements, dans tes créations comme dans tes silences, dans tes paroles comme dans tes hésitations, dans tes choix comme dans les chemins auxquels tu renonces. Tout cela participe de ton devenir. Et, à travers tout cela, quelque chose demeure, quelque chose qui ne cherche ni à posséder ni à conquérir. Mais quelque chose qui rayonne : l’amour, le grand amour. Celui qui ne se réduit ni à l’attachement, ni au désir, ni à la possession. L’amour inconditionnel, celui qui relie, celui qui reconnaît, celui qui laisse être. Peut-être es-tu cela aussi : un lien, un lien merveilleux entre ce qui est connu et ce qui ne l’est pas encore, un lien entre la lumière et l’ombre, entre le visible et l’invisible, entre ce que nous croyons comprendre et ce qui demeure mystérieux. Tu incarnes quelque chose de l’éblouissement. Et l’éblouissement n’est pas toujours confortable. Il peut être magique, incompréhensible, inspirant, étrange. Il peut nous obliger à abandonner, un instant, notre besoin de comprendre pour simplement accueillir ce qui est là. Alors peut-être que je ne cherche pas à savoir exactement qui tu es. Je préfère regarder ce que ta présence fait naître, ce qu’elle ouvre, ce qu’elle éclaire, ce qu’elle met en mouvement. Car peut-être est-ce aussi cela, être vivant : ne jamais être totalement défini, mais demeurer capable de devenir.


Et si chacun de nous possède cette puissance de devenir, alors la question essentielle n’est peut-être pas seulement : « qui suis-je ? », mais plutôt : « qu’est-ce que je choisis de mettre au monde à travers moi ? »


Aujourd’hui, lorsque je te regarde, ma réponse est simple : je vois un lever de soleil et je te remercie d’être toi.


 
 
 

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